Fernand Chabrier ! Est-il nécessaire de vous le présenter ? Très connu déjà comme peintre des santons, à l’étude desquels il se consacre depuis son plus jeune âge. Nul mieux que lui ne les a étudiés et compris. Ce fut une véritable passion qui le prit et ne le quitta plus. A dix ans déjà, il remplit des carnets de ses aquarelles.
Provençal du Comtat Venaissain, il naquit en Avignon et fut très tôt à bonne école. Neveu du Peintre Louis Belladen, souvent fourré dans son atelier où il rencontrait les peintres, de l’École avignonnaise: Hurard, Clément Brun, Bergier, Meissonier. Voisin de Louis Bill qui fit de lui un portrait.
Plus tard il fréquente le peintre des Arlésiennes, Léo Lelée avec qui il se lia d’amitié. Il était donc bien placé pour avoir des tableaux.
Léo Lelée ne peignit que très peu de gitanes dont les plus belles illustrent cet ouvrage. Une copie de celle qui tresse un panier est au muséon
Arlaten.
Il fit son service militaire à l’Ecole d’Application d’Artillerie de Fontainebleau où il fit de nombreux croquis de ses camarades. Ayant satisfait à ses obligations militaires, il vint s’installer à Miramas et y fit son nid. Les santons jaillissent toujours de ses pinceaux, on peut dire qu’ les a si bien compris et cherché à les faire comprendre et aimer, s’attachant à en rendre toute la naïveté, à leur donner la vie et le mouvement.
Il expose non seulement à Miramas mais dans toute la région de l’Etang de Berre, jusqu’à Aix, Arles et Cavaillon. Il a déjà publié chez Aubanel un recueil de poèmes “Les cerises sont cueillies” , illustré par sa fille ainée.
Titulaire du prix de la ville de Marseille et lauréat du prix Marcel Pagnol fondé par le Méridional pour son conte “Les prodigieuses aventures de Bartavel” où il donne libre cours à son imagination délirante où il mêle adroitement légendes et biographie familiale, où le lecteur est emmené dans le fantastique pays de “La fille du Bon Roi des Trous” et dans une tribu de sympathiques gitans, à travers ses démêlés avec “trois escogriffes” et emporté dans un tourbillon où fiction et réalité sont si bien mêlés qu’il ne peut les départager. A la fin de l’ouvrage, il dépeint la vie d’un moulin d’huile, celui de St Chamas dans la tiédeur odorante de l’huile chère au cœur des Provençaux, fermé, hélas ! depuis.
Voici enfin la suite attendue des merveilleuses trouvailles du conteur. Son esprit inventeur pétille ici d’un esprit époustouflant, un feu d’artifice continuel sur des illustrations de Léo Lelée et Jean Marignan.