Par André Chamson, 1975
Broché, Très bon état
Français
Plon
/ 222 pages / g
15.00€
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Ce livre n’est pas un livre de guerre. C’est un livre qui se passe au cœur de la guerre et dans ces résidus de paix qui traînent jusqu’au milieu des combats. Avant tout, c’est le livre d’une Reconquête qui ne fut pas seulement la reprise d’un territoire, mais la reconquête d’un héritage spirituel, notre véritable patrie.
Ma grande chance, pendant cette Reconquête, c’est de m’être trouvé à la charnière de l’armée venue d’Afrique qui était presque une armée de métier, et des troupes de Volontaires, sorties de tous les maquis cachés jusqu’alors dans les bois et les montagnes.
Mon autre chance, c’est d’avoir rencontré, dans la marge de la guerre, des êtres qui semblaient avoir été mis sur mon chemin pour y représenter tout ce que là créature humaine peut faire de bien ou de mal. J’ai eu pour compagnons de Lattre, Malraux, Jacquot, les hommes de la brigade Alsace-Lorraine et ceux de l’Etat-Major de l’Armée.
Mais j’ai fait bien d’autres rencontres et chacune d’elles s’est composée, dans mes souvenirs, comme une nouvelle. Bien souvent, le premier rôle y était tenu, comme pour marquer le contraste avec les guerriers au milieu desquels je vivais, par des femmes ou des jeunes filles. C’est la
“Terrible” de
Froideconche, les demoiselles du central téléphonique de Courtelevant, la milicienne d’Avignon, rencontrée à Mulhouse et, surtout, celle que j’appelle
“la jeune fille de 40” , cette France Compagnon dont
la seule présence, dans son camp de la nuit et du brouillard, aurait suffi à donner un sens à notre guerre.
« Vous reviendrez dans quatre ans, avec le peuple de France et de jeunes généraux..», m’avait-elle dit, sur le seuil de sa ferme, au jour le plus sombre de notre retraite, au fond des montagnes du Jura.
Nous sommes revenus. C’est ce retour que
j’appelle la “Reconquête”
‘. Nous sommes revenus
au bout de quatre ans, comme pour accomplir la prophétie de la jeune fille, non pas avec tout le peuple de France, mais avec quelques-uns de ses fils et des généraux qui semblaient avoir le même âge qu’eux.