Par Alexandre Arnoux, 1962
Broché, Très bon état, Bon état
Français
édition Albin Michel
/ 247 pages / g
10.00€
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Ce roman, quoique de la plus pressante, actualité, se joue du temps et s’éteint sur les siècles. Débutant dans une ville de province, dans l’atmosphère étouffante de l’occupation, il vit naturellement presque, nécessairement dirait-on, sur les guerres publiques, le siège de Syracuse, pour se conclure, enfin à Los Alamos, à la veille de la première bombe atomique, de la destruction d’Hiroshima.
Ce romanesque, cette association d’évènements peuvent paraître gratuit au premier abord ; mais ils répondent pourtant à une impérieuse et mystérieuse logique ; il traduisent, dans un récit, mouvementé, pittoresque, abondant en personnage représentatif, la tragédie de notre époque, le conflit qui, sans doute, la marquera du trait, le plus spécifique aux yeux de l’avenir. Pour la première fois, du moins, avec une acuité aussi vivante, s’est posé le problème de la participation de la science à la guerre, au massacre massif ; la bombe atomique, arme totale, ou qui le deviendra bientôt, constitue le résultat tangible de l’alliance monstrueuse de la connaissance, jusqu’à leur relativement pur, et de la politique, celle-ci asservissant celle-là. Mais y a-t-il jamais quelque chose d’entièrement nouveau sous le soleil ? Ce débat, les résistances et les déchirement, qu’il peut engendrer chez le savant, ne s’amorcaient-ils pas déjà à Syracuse, pour Archimède, inventeur de prodigieuse machine ?
On devine, au moment, où, comme du temps de Rome et de Carthage, s’affronte, deux impérialisme, la richesse du thème, des thèmes entrecroisées de ce livre.
Rien d’abstrait cependant en lui ; une vie diverse et soutenue l’anime. Et ce fantastique où il baigne et qui règne particulièrement dans l’étonnant, reportage radiophonique de la prise de Syracuse, par Marcellus et de la mort d’Archimède, et le moyen le plus sur sans doute, et le plus imprévu à la fois, d’approfondir l’essence du réel.