Par Jean Cassou, 1971
Broché, Très bon état
Français
Albin Michel
/ 425 pages / g
8.00€
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TOUT en donnant, dans Le Voisinage des cavernes, un cours plus libre que jamais à son sens de l’imaginaire, Jean Cassou rend compte des très réelles conditions de la vie humaine, en particulier, de la condition du temps. Le temps, en effet, constitue la matière du roman. Matière extensible à l’infini, puisque l’âge
paléolithique s’avisa maintes fois d’affleurer à la surface du beau
jardin qu’Octave Bridel, orthopédiste de la place de l’Odéon, possède aux Eyzies et où, dans son enfance comme plus tard avec sa fille et sa petite-fille, il va passer ses vacances. C’est encore à une résurgence du monde des cavernes qu’il faut songer lorsque la tranche temporelle et les circonstances du roman amènent l’épisode de la guerre de 14-18 et le retour à une vie primitive toute enfouie dans la terre.
Non seulement la guerre, mais d’autres incidences imposent à ce roman complexe la contrainte des autorités, des répressions,
la cone,
des puissances. En ce sens, une des parties les plus caractéristiques est l’épisode, plein de singuliers détours, du curé des Eyzies et culmine dans le dialogue de celui-ci avec un Pape fantasmagorique.
A ces injurieuses fatalités s’opposent les forces de l’amour, de la nature, de la musique, de l’ironie. Peut-être est-ce dans le personnage de Pierre Caillou qu’on verra celles-ci se résumer. Cette étrange figure est la suprême manifestation des souterrains d’avant l’histoire.
Il naît d’un fossé de la route et prend forme dans l’extraordinaire discours d’un truculent clochard. Pierre Caillou incarnera, dans les ultimes péripéties, intensément dramatiques du roman, la figure de l’amour absolument pur, innocent, tout imprégné de la poésie d’une
mystérieuse aventure nocturne.
Mais ce sont ces mêmes forces, et particulièrement l’amour, qui soutiennent la sagesse d’Octave Bridel et l’aident à accomplir, jusqu’à une mort elle-même poétiquement plus encore que stoïquement acceptée, son temps. Le lecteur se plaira sans doute à accompagner le personnage central du roman dans ces sinueux parcours jusqu’au terme de leurs prolongements posthumes. Car, même disparu, Octave Bridel, l’orthopédiste qui cultivait son jardin dans le voisinage des grottes magdaléniennes, demeure inoubliable.